samedi 7 février 2009

Constat tenu lors de l'AGO du 30 janvier 2009.

Une année douloureuse de combats vient de s’achever pour céder la place à une nouvelle année de batailles âpres à venir. Cependant, notre motivation reste intacte. Il en va de l’héritage que nous laisserons aux futures générations gaudoises. C’est pourquoi nous continuerons à faire front, notamment par notre lobbying auprès de l’ensemble des autorités compétentes et responsables. Ainsi de très nombreux courriers et prises de rendez-vous avec des hommes politiques sont à prévoir.

Vous avez pu lire la désinformation faite par la presse locale sur les projets de MALONGO. Nous sommes toujours choqués d’entendre parler de musée, de crèche et de serres, qui nécessitent des autorisations spécifiques, alors qu’il suffit simplement de se rendre en mairie pour constater la réalité des faits. En quelques mots : la transplantation d’usines classées sur un site répertorié « pôle de compétitivité solutions communicantes sécurisées ».

Nous avons été reçu par le directeur de cabinet du Ministre Jean Louis BORLOO ainsi que par une de ses collaboratrices. Ils ont été surpris de prendre connaissance de ce dossier par notre biais. En effet, ils n’avaient pas eu vent jusqu’alors de cette affaire. A cet effet, nous leur avons laissé un dossier concis et précis en se promettant de rester en contact.

Pourquoi vouloir installer des usines sous les fenêtres d’IBM, lieu de travail de chercheurs, alors que l’exploitation de ce site fut le résultat d’un choix judicieux à l’époque des dirigeants d’IBM afin de privilégier la tranquillité propice à la réflexion de leurs ingénieurs. Pourquoi vouloir dénaturer le cadre environnemental du centre d’handicapés si important pour la rééducation ?

Quelles sont ces têtes pensantes, dans cette affaire, qui ne se préoccupent pas du danger qu’elles vont faire encourir notamment aux deux roues et automobilistes, lorsque ces derniers croiseront sur nos routes inadaptées des semi remorques.

Il est toujours aussi surprenant, alors que l’on parle de développement durable, de réduire le trafic et la pollution liée aux poids lourds, afin d’une part de diminuer les risques d’accidents sur les routes et d’autre part de réduire les dépenses liées au budget transport, le prix du carburant ne cessant d’augmenter, de voir un industriel s’obstiner à vouloir implanter ses usines de production loin des axes autoroutiers.

En ce qui concerne les rejets de particules, les odeurs, les produits chimiques, nous avons pu constater qu’à Strasbourg la société SATI (
http://www.cafesati.com/spip.php?rubrique22 ) a transféré ses usines hors de la ville à la demande de la commune, afin d’arrêter les nuisances sur les riverains. L’usine SATI, qui a une capacité cinq fois inférieure à celle de MALONGO rencontrait des problèmes liés au processus de torréfaction, et les riverains devaient en subir les conséquences. Ainsi de nombreuses pétitions affluèrent à la Mairie qui finit par offrir un terrain à SATI sur le port autonome afin de réduire les nuisances. L’entreprise a retrouvé des avantages non négligeables : une paix sociale et des coûts de transport nettement plus avantageux.

En Nouvelle Zelande, la société CELSIUS (
http://www.celciuscoffee.co.nz:80/asustainablebusiness.aspx), quant à elle a directement installé son usine de torréfaction, loin des communautés résidentielles afin de réduire ses nuisances sur les riverains, en le justifiant ainsi :
« Si les odeurs du café fraîchement torréfiées sont merveilleuses, les arômes dégagés pendant le processus de torréfaction ne sont pas si bons. Les opérations de torréfaction peuvent avoir un fort impact sur les secteurs avoisinants ; c’est pour cela que nous avons soigneusement choisi un site situé loin des habitations pour assurer que le processus n’ait pas d’incidence néfaste sur la communauté. »

D’autre part, le comité scientifique de l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire des Pays Bas s’est vu solliciter pour effectuer une analyse sectorielle des dangers de la torréfaction.

Malongo à La Gaude c’est une aberration.

Contrairement à ce que l’on peut constater pour d’autres implantations, notamment celle d’AZF à Toulouse, où ce sont les lotissements qui se sont créés à proximité de l’usine, à La Gaude et à Saint Jeannet, les zones pavillonnaires datant des années 1960, sans même parler du château des templiers, nous permettent de bénéficier du respect d’antériorité.

Les zones industrielles situées dans la plaine du var ne manquent pas de terrains à mettre à la disposition des industriels qui le souhaitent, pour preuve IKEA.

Le 26 novembre 2007, lors de l’assemblée générale extraordinaire vous m’avez donné le pouvoir d’ester en justice afin de montrer à la justice les irrégularités du permis de construire. Ce qui a été fait le 19 décembre 2007.

A la grande surprise des personnes présentes lors de l’audience du 06/11/2008, nous nous sommes rendus compte que la commissaire du gouvernement désapprouvait sa consoeur qui avait jugé une première fois cette affaire le 15 février 2007 et qu’elle a surtout relaté le mémoire en intervention de Malongo sans tenir compte du mémoire explicite de Me BOITEL, par conséquent nous avons été déboutés : Cela n’a pas été une surprise. Désormais nous souhaitons que la cour d’appel étudie avec soin ce dossier.

Dans le jugement, ce qui nous a choqués, c’est surtout le fait que l’on veuille détruire l’association par le fait que nos premiers statuts déposés et enregistrés le 2 août 2005 ne nous auraient pas permis d’ester en justice. Ce qui est faux : l’article 11 précisait exactement :

Présidence : Le président représente l'Association dans tous les actes de la vie civile et est investi de tout pouvoir à cet effet. Il a notamment qualité pour ester en justice au nom de l'Association, tant en demande qu'en défense, et former tous appels ou pourvois. Le président convoque les Assemblées Générales et les Conseils.

Le 9 février 2006 une modification de nos statuts était effectuée en préfecture. Désormais c’était l’article 2 qui indiquait que nous pouvions ester en justice et l’article 8 précisait

Ressources et Engagements :
Les ressources de l’association sont
a) cotisations,
b) subventions de l'état, du département, de la commune,
c) dons, legs et toute ressource autorisée par la loi.
Le patrimoine de l’association répond seul des engagements contractés par elle, sans qu’aucun des membres de cette association, même ceux qui participent à son administration, puisse en être tenu personnellement responsable

En tout état de cause, notre association est déclarée en préfecture, parue au Journal officiel et une circulaire de la préfecture des Alpes Maritimes, service Associations, bureau 202, indique que la loi du 1er juillet 1901 stipule que toute association rendue publique par un extrait de la déclaration de ses fondateurs au journal officiel, acquiert la capacité juridique, c'est-à-dire le droit d’ester en justice …

Notre action est un recours des tiers, droit légal (reconnu à la barre par l’avocat de MALONGO). Il est fait contre la Mairie de LA GAUDE et non contre l’industriel. Ce recours a été institué par l’Etat français, aussi nous comptons l’utiliser jusqu’au bout et continuer à nous défendre tous crocs dehors mais surtout légalement.

Faire valoir nos droits est notre seule volonté. Nous sommes une association de défense de l’environnement, son objectif est de préserver notre cadre de vie tout en voulant une évolution harmonieuse du développement économique de l’arrière pays niçois.

Nous avons invité Maîtres BOITEL et AONZO afin qu’ils répondent à toutes les questions de l’importante assemblée, et par un vote, cette dernière a donné à l’unanimité l’autorisation à la présidente de porter l’affaire en Cour d’Appel de justice à Marseille.

vendredi 6 février 2009

Un exemple d'implantation cohérent...


Plutôt qu'un long discours, la photo du site de l'entreprise les cafés Jacques VABRE sur l'un des deux parcs d'activités économiques de Lavérune, parle d'elle-même.


- Pas de forêts ou sites touristiques à proximité (50/200 m)
- Pas de zones pavillonnaires jouxtant le site (50/200 m)
- Pas de routes sinueuses fortement empruntées
- Pas de centre de recherche et/ou de centre de rééducation à côté (10 à 50 m)
- Pas de massifs montagneux relativement proche du site (comme les Baous sur La Gaude et St Jeannet) pouvant bloquer la circulation des vents et des nuages
- ...

Sur le site de La Gaude (la ZAC IBM) visé par l'implantation d'une usine de torréfaction de la société MALONGO, tous les points cités ci-dessus sont présents.

La torréfaction un processus pas aussi anodin !

Source : http://beanactivist.wordpress.com/2007/12/30/wake-up-and-smell-the-coffee-emissions/

Les grains de café proviennent de fèves, il faut 3 kg de féves pour avoir 500 g de grains café. Ils arrivent par sac de 60 kg en jute. Les grains doivent être traités contre certains insectes et champignons. Les sacs laissent passer des poussières plus ou moins grosses.

1ère étape : café vert : nettoyage des grains de café pour éliminer les saletés et les débris.

2éme étape torréfaction : les grains sont grillés entre 180°C et 240°C de 5 à 20mn. Les grains de café vert contiennent une grande variété de composés chimiques, y compris les protéines, les graisses, des sucres, de la dextrine, de la cellulose, la caféine, et les acides organiques. La torréfaction crée 800 types de molécules, certaines se retrouvent sous forme de gaz dont les Composés Organiques Volatiles (VOC) tels que les aldéhydes (comme dans du formaldéhyde), des acides organiques (comme l'acide acétique) et de l'acroléine, du furane, du benzène (cancérigène), des phénols et …. des poussières. Auxquels s’ajoutent les NOx, CO2 et CO produits par la combustion du gaz naturel.

Au Colorado chaque torréfacteur doit être équipé de « cyclone » pour réduire l’émission de particules au moins à 70%. Chaque torréfacteur doit être équipé d'un dispositif de postcombustion, capable de réduire les emissions de VOC d'au moins 95%.

3éme étape Refroidissement: A la fin de la cuisson, il faut refroidir très rapidement à l'aide d'un jet de vapeur d’eau qui se vaporise immédiatement (les grains ayant une tendance à l’auto-inflammation), puis passage dans un flux d’air dans une enceinte généralement fermée.

mardi 2 septembre 2008

UN RAPPORT D'INFORMATION (2008)

RAPPORT ANNUEL DES ACTIVITES DE L’ASSOCIATION POUR L’ANNEE 2008 EXPOSE LORS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 09 FEVRIER 2008

L’année 2007 aura été une année à rebondissements pour l’affaire MALONGO et l’année 2008 s’annonce déjà très prometteuse.




En février 2007 lors de l’audience du Tribunal Administratif (TA) de Nice le Commissaire du Gouvernement donne raison à la Mairie de La Gaude et condamne les protagonistes à verser des dommages et intérêts à la commune. Mais surprise 15 jours après le TA prend une décision opposée et donne raison à MALONGO. Ce revirement a fait beaucoup jaser dans le milieu politique ainsi qu’auprès des journalistes spécialisés dans le domaine de la justice. A Nice il s’agissait d’une première.

La Mairie de LA GAUDE après réflexion décide d’aller en appel, malgré un courrier menaçant (toujours) du Sous Préfet SERRA. Son recours porte sur deux points : le sursis à exécuter, la décision du TA qui obligeait le Maire à réinstruire le permis de construire et le jugement sur le fond.
Seul le sursis à exécuter a obtenu une réponse et a été refusé. A ce jour, le jugement sur le fond du permis de construire n’a toujours pas été jugé. Le dossier est également devant le Conseil d’Etat en attente de jugement.

Courant du mois de mars, les membres du bureau de l’association et également le Maire de ST JEANNET reçoivent des menaces de mort avec pour exigence de cesser leur entêtement. IKEA n’a pas connu autant de pression et d’implication politique.

L’association a interpellé durant toute l’année 2007 les différents élus concernés.

Le Président de la République a reçu plusieurs lettres et nous a répondu par courrier. Le premier Ministre a également été interpellé principalement sur le danger des feux de forêts et la vocation du site ; le Ministre de l’environnement nous a fait savoir qu’il demanderait une enquête auprès du Préfet et dans la continuité les service locaux ont été saisis sans qu’aucune réponse ne nous soit fournie jusqu'à maintenant.

Le Ministre de l’écologie a été saisi à deux reprises et nous a précisé qu’il confiait ce dossier au Préfet et qu’il souhaitait être tenu informé.

Du côté de la Préfecture nous avons adressé plusieurs lettres et demandé une audience auprès du Préfet. A ce jour, nous sommes toujours sans réponse.

Le député de notre circonscription, M. LUCA nous a reçus le 21 septembre 2007 et nous a assurés qu’il soutiendrait le Maire de La Gaude dans sa décision, tout en nous indiquant que lors de son mandat de Maire sur la commune de Villeneuve Loubet il avait été amené à refuser avec véhémence une usine d’incinération sur un site jouxtant des habitations, prétextant que des sites plus adéquates se prêtaient à la réalisation de ce type d’usines.

Notre Conseiller Général durant trois ans d’existence de notre association n’a jamais daigné nous recevoir. Cependant au cours d’une manifestation, j’ai pu avoir une conversation avec lui : il m’indiquait qu’il ne comprenait pas pour quelles raisons nous refusions cette usine.

De toute manière il semblerait qu’il n’ait jamais vraiment défendu le dossier de son canton lors des réunions du Conseil Général. D’où l’importance pour nous de choisir des personnalités qui nous représenterons avec courage et pugnacité auprès des autorités locales.

De très nombreux courriers ont été adressés à l’ensemble des administrations locales afin de les informer des dangers que nous apporteraient l’installation d’usines classées. Aucune réponse n’a jamais été adressée à notre association.
Ceux qui disent l’inverse en matière de risques encourus sont des personnes irresponsables qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui demain devront justifier leur position. Il ne faut pas oublier que l’implantation de MALONGO à LA GAUDE est l’ouverture à une zone industrielle et pourquoi pas par la suite, à l’installation d’une usine d’incinération ou d’épuration dans les autres quartiers de nos villages. Par conséquent je vous laisse imaginer ce que subiront les habitants se trouvant sur les CD 18 et 118.

Enfin, je voudrais vous dire que dans le cas de Toulouse, ce sont les lotissements qui se sont construits autour de l’usine, ce qui n’est pas le cas en ce qui nous concerne. Des terrains auraient été proposés au Directeur Général de Malongo, M. BLANC, par l’intermédiaire de M. PAPY pour GATTIERES ainsi que sur la commune de la ROQUETTE SUR VAR.

IKEA a bien trouvé des terrains sur LE BROC qui agrandit sa zone industrielle. Il semblerait que les dirigeants d’IKEA fassent preuve de plus d’intelligence car lorsqu’une usine est mal accueillie, elle ne peut s’attendre qu’à des problèmes durant toute son existence surtout lorsqu’il s’agit d’installation de cet acabit.

Un rendez-vous a également été demandé au Président du Conseil Général, mais là également, notre demande est demeurée sans réponse et le demeurera sans doute très longtemps, compte tenu de ce qui s’est déroulé le jeudi 31 janvier 2008. Voir un Secrétaire d’Etat et des Préfets se prêter au jeu d’un industriel dont le dossier est en attente de trois jugements après une enquête publique défavorable, c’est sans doute une première en France. Ils doivent estimer que la justice n’a plus sa raison d’être ou que la séparation des pouvoirs n’est qu’un mythe.

Après avoir fait étudier ce dossier par Me BOITEL, celui-ci nous a confirmé que bien des anomalies parsemaient ce permis de construire et qu’il était légitime non seulement de préserver notre cadre de vie, mais d’assurer surtout un développement économique cohérent et durable du site symbolique d’IBM dans les Alpes-Maritimes, la destination de ce terrain n’étant pas prévue pour recevoir des usines mais du tertiaire et de la recherche.

Pour les zones industrielles le Conseil Général des Alpes-Maritimes a réalisé une RN bis mise en service en septembre 2007 qui facilite les transports routiers vers les autoroutes et l’aéroport.

Dans une note de la CANCA on peut lire qu’il existe bien un projet pour relier la plaine du Var à LA GAUDE mais que cette route ne pourra être créée qu’après réalisation d’un pont sur le Var à La Baronne. Ce n’est donc pas pour demain. IBM attend cette route depuis plus de 40 ans. MALONGO se croit-il plus fort qu’IBM ?

Pourquoi la société MALONGO s’obstine-t-elle à vouloir grever son poste transport, compte tenu notamment des prix du carburant, et augmenter les risques d’accidents de la route, en s’éloignant des facilités de transport réalisées par l’Etat. Il faudrait rappeler à M. ESTROSI ses allocutions sur les permis de construire délivrés à tort et à travers.

Dans le projet de PLU qui est étudié par la Municipalité TANGUY et qui devrait être mis en place dans les prochains mois, la ZAC IBM est interdite à toute implantation industrielle. Pourquoi un permis à une entreprise industrielle a-t-il été accordé ? Mystère !!!

Par conséquent vous avez décidé de procéder à un recours au tiers, déposé le 21 décembre 2007 afin de faire valoir vos droits. Les arguments soulevés par Me BOITEL sont des plus justifiés, tout comme notre combat d’ailleurs, nous verrons si cette fois-ci le Tribunal Administratif de Nice intercédera en notre faveur.

Ce dossier contrairement à ce que l’on peut entendre est loin d’être plié. Ceux qui le disent, sont des personnes qui n’ont pas confiance dans la justice de notre pays ou bien qui approuvent ce projet. Pourtant ce dernier n’apportera rien sur le plan monétaire à notre commune : la taxe professionnelle ira dans les caisses de la CANCA dans 8 ans seulement. De plus, il s’agit d’un transfert d’usines : ses employés sont déjà installés dans les communes environnantes et ont leurs habitudes chez leurs commerçants. Les retombées économiques seront bien maigres en comparaison des préjudices que la commune devra subir, notamment 14 millions d’euros qui lui sont déjà réclamés avant même de commencer, ce qui est un comble.

Ce que nous gagnerons : y compris sur ST JEANNET, voire GATTIERES surtout du bruit dû aux compresseurs, la pollution de l’air par des particules invisibles et des odeurs indescriptibles si je reprends l’étude d’impact consultable en Mairie et qui augmenteront au fil du temps avec la vétusté du matériel, des routes inadaptées encombrées par des semi-remorques, camions, camionnettes et qui amèneront un danger supplémentaire sur nos routes. Les purs Gaudois m’ont rappelé que la création d’une route desservant la baronne à IBM est promise depuis 30 ans. Cela nécessiterait beaucoup d’expropriation et je vous rappelle qu’une partie des terrains a été classée pour sa faune et sa flore par la DIREN et NATURA 2000.

Quelles retombées pour les populations et les commerçants ? Aucune. Mais le pire reste à venir, surtout lorsque nous sommes dépourvus d’une réelle vision du développement du Moyen Pays. La Côte d’Azur tire sa notoriété du tourisme, or quel impact aura l’implantation d’une « brûlerie de café » sur le site à l’origine du développement de Sophia-Antipolis ? Si la compagnie IBM venait à quitter le site, quelles sociétés/universités High Tech accepteront de s’installer dans les locaux d’IBM, à proximité d’une unité de production de café ? Non seulement ce projet ne crée pas d’emplois, mais nuira au développement économique du Moyen Pays sur le moyen long terme. Alors que ce site, de par son architecture et ses atouts, permettrait la réalisation de projets où chacun trouverait un avantage si on s’en tenait au classement réalisé par les services de l’Etat : la DATAR.

Comme le rappelle le Maire de St Jeannet, M. Nirascou, il ne faut pas se leurrer. L’issue du combat que nous menons aujourd’hui cristallisé par la société Malongo, afin de lutter contre l’industrialisation lourde du Moyen Pays, déterminera très certainement son avenir pour les décennies à venir. Le cheval de Troie est rentré, il est de notre devoir de citoyens de le reconduire sur des sites plus appropriés, surtout après les conclusions émanant des grenelles sur l’environnement.

De nombreux recours peuvent être envisagés. Ce sont des droits mis à notre disposition par les lois françaises et européennes et nous les utiliserons.

A ce jour, la St ANTIGUA filiale de MALONGO se trouve à 3 reprises devant la justice pour :

- des recours au tiers au Tribunal administratif de Nice,
- un appel au Tribunal de Marseille,
- et le Conseil d’Etat appelé à étudier ce dossier.

mardi 17 juin 2008

Le Plan du Bois, Acte n°4 ... en attendant un peu d'histoire

Notre quartier possède une histoire.


Notre quartier n’est pas né avec IBM, dans les années 1960-1961. Il possède une histoire ancienne et bien réelle, dont témoignent des documents d’époque.

Cette histoire s’est jouée en 3 actes.

L’acte n° 1 date de 1599, date de la création, au Parlement d’Aix, de la commune indépendante de la Gaude, séparée de celle de Saint-Jeannet après plusieurs années de tractations et chamailleries. Les juges d’Aix avaient ordonné l’estimation des terres respectives et leur ventilation entre les deux communautés, ainsi que celles des charges liées aux terrains. Le Plan du Bois, territoire d’une soixantaine d’hectares, dit à l’époque « Bois de la Gaude » devient, sur décision du Parlement d’Aix, territoire indivis entre les deux communautés de la Gaude et Saint-Jeannet. Les habitants des deux communes bénéficiaient indistinctement du droit d’y faire paître leurs troupeaux et d’y ramasser du bois.



Acte 2. Plusieurs siècles passent, nous arrivons en 1836.
Saint-Jeannet demande alors à sortir de l’indivision du Plan du Bois. Les procédures, échanges de mémoires, querelles d’avocats et chicanes diverses vont durer 5 années. Faute d’accord entre les deux parties, le tribunal de Grasse finit par décider d’un tirage au sort entre deux lots…
Las! Les dés attribuent à Saint-Jeannet ce qui aurait convenu à La Gaude et vice-versa…
Les Saint-Jeannois se retrouvent donc, en 1841, propriétaires des 28 hectares de territoire du Plan du Bois les plus éloignés de leur village. Fin du deuxième acte.


L’acte 3 aura lieu plus d’un siècle plus tard, en 1960. La commune de Saint-Jeannet vend ses 28 hectares de bois à la société américaine IBM. L’histoire de notre quartier et de notre village venait d’entrer dans une nouvelle ère.

Avant l’implantation du Centre de Recherches, ce secteur de la Gaude ne connaissait que bois de chênes et d’autres essences méditerranéennes, traversés par la piste empierrée qui, depuis 1862, descendait vers Saint-Laurent du Var. En 1599, le territoire était déjà implanté en bois, cependant, lorsque l’on se promène, on remarque les traces d’anciennes restanques, témoignages d’une activité agricole antérieure, datant vraisemblablement du moyen age.

Ces bois représentaient une certaine richesse dans l’ancien régime. Au 18e siècle, on se préoccupait déjà de protection des massifs forestiers, dans le but de préserver une ressource indispensable à la construction des vaisseaux de guerre et de commerce, bien loin de nos soucis écologiques d’aujourd’hui. En 1773, la Chambre des Eaux et forêts établit une réglementation sévère : défense absolue de mener paître les chèvres dans les forêts, sévères contravention à l’encontre de ceux qui coupent le bois sans autorisation, interdiction d’allumer du feu à moins d’un demi quart de lieue d’un bois « à peine de fouet pour la première fois et de galère en cas de récidive. » Le même texte stipule que l’incendie volontaire sera puni de mort.

Les bois de la Gaude ont constitué une petite source de revenus secondaires pour les habitants du lieu. Dans les années cinquante, certaines années, on y récoltait des morilles à pleins paniers. Les plus malins ou les plus chanceux y récoltaient des truffes, comme certains vieux Gaudois et Saint-Jeannois en trouvent encore de nos jours du coté des Baous. Ne me demandez pas où et qui, le secret est mieux gardé qu’un secret défense ! Je témoigne cependant que cela n’est pas une légende, j’ai vu de mes yeux une magnifique truffe noire d’au moins 50 grammes, récoltée sur le Baou, et enfermée dans un pot de confiture Bonne Maman, je vous laisse deviner le parfum qui s’est échappé du pot lorsqu’on l’a ouvert pour me permettre de l’apprécier !


Au printemps, les jeunes du village se faisaient un peu d’argent en ramassant les genêts en fleurs, pour les vendre au commissionnaire, intermédiaire avec les usines de parfumerie de Grasse. Une autre cueillette traditionnelle concernait le sumac, cet arbuste que l’on remarque obligatoirement lorsque l’on se promène dans nos bois à l’automne car il explose alors de toutes les nuances du rouge. Son écorce servait de plante tinctoriale.


Durant la dernière guerre mondiale, notre quartier dominant la vallée du Var, à l’époque isolé, avait été repéré comme stratégique par des maquisards. Des groupes de Résistants y avaient établi des postes d’observation, heureusement aucun combat n’a ensanglanté nos bois. Il n’est pas rare de découvrir des restes de ces temps troublés au cours de travaux de construction ou de débroussaillement, témoins des années de lutte contre l’Occupant. Nous même, il y a quelques années, au cours de l’aménagement de notre jardin , nous avons trouvé une grenade de fabrication américaine, à demi fichée dans le sol et en parfait état de fonctionnement, prise en charge par le service de déminage de l’armée. La même année, alors que nous avions entrepris quelques travaux de plantation, un chapelet entier de balles de mitrailleuses nous est apparu, à l’emplacement convoité pour l‘établissement de quelques pieds de groseilliers.

Le Plan du Bois recèle, ou recelait, dans son sous-sol deux grottes répertoriées et étudiées. L’une d’elle, dite « grotte du Plan du Bois », a été étudiée et son plan relevée en 1957. Son emplacement se situe dans le lotissement même, avenue des oliviers.
Le Spéléologue Yves Créach dans « Inventaire spéléologique des Alpes Maritimes- 1984 » décrivit son emplacement.

Une autre cavité naturelle se situe dans le domaine même d’IBM, au niveau des parkings. Il s’agit d’un aven, dont l’orifice est, de nos jours couvert d’une plaque d’égout. Cet aven était connu des Gaudois bien avant 1960. Ils s’y débarrassaient des carcasses d’animaux morts.

Symbole et témoin d’un riche passé, détenteur de vieux secrets, le château du puissant Romée de Villeneuve veille sur nos bois de son mamelon du hameau des Gaudes, depuis des temps immémoriaux. Quelques mystères, ainsi qu’une très ancienne histoire sont cachées dans notre paysage familier. Notre quartier n’est pas un lotissement anonyme.

Et son histoire continue aujourd'hui de s'écrire…

Texte écrit avec la collaboration de Marie-Odile Ascher

samedi 7 juin 2008

Un bâtiment unique... pour un site symbolique

L'architecte Marcel Breuer l'avait bien pressenti, le site du Plan du Bois situé sur la commune de La Gaude, représentait bien un lieu idéal pour les chercheurs d’IBM. Calme, beauté, proximité de l’aéroport de Nice, tous les ingrédients étaient là pour accoucher d’un magnifique projet en X. Plus tard l'UGECAM fit un choix judicieux pour offrir un cadre propice à la rééducation/formation aux handicapés. Aussi nous devons-nous aujourd’hui d’œuvrer dans ce sens. Il est seulement regrettable de voir une société industrielle de torréfaction de café, s’obstiner à vouloir s’implanter sur ce site, certaines nuisances liées à son activité de production étant inévitables et dommageables. Il serait sage pour l’avenir de préserver les atouts de ce lieu symbolique en respectant notamment l’avis de la population exprimé lors de l’enquête publique et les conclusions du commissaire enquêteur.

Vous trouverez ci-dessous un peu d'histoire sur le bâtiment d'IBM.


Le Bâtiment IBM de la Gaude, Patrimoine du XX e siècle.


En novembre 2000, le ministère de la culture a accordé, le label « patrimoine du XX e siècle » à l’ensemble architectural IBM de la Gaude.

Ce bâtiment, construit en 1961 est signé Marcel Breuer, une des personnalités les plus représentatives et les plus influentes de l’architecture et du design du vingtième siècle.

Marcel Breuer, Lasko pour ses amis, né près de Pecs, en Hongrie, a 18 ans en 1920.
Cette année là, il devient étudiant à Weimar, en Allemagne, dans un institut des arts et métiers au nom encore célèbre de nos jours: Le Bauhaus. Le Bauhaus est à l’origine d’un courant artistique concernant surtout l’architecture et le design, il reste, aujourd’hui encore, un symbole de modernisme.

Marcel Breuer, une fois ses études terminées, deviendra l’un des maîtres du Bauhaus, associé à son fondateur, Walter Gropius. C’est à cette époque qu’il crée sa célèbre chaise, la « Vassili chair », pour son ami, le peintre Vassili Kandinski, en tubes d’acier pliés et cuir, dont les lignes restent d’une époustouflante modernité.

Le Bauhaus est fermé en 1933 par les Nazis. Breuer, d’origine juive, se réfugie alors d’abord à Londres, puis ensuite aux USA en 1937, où il crée son propre bureau d’architecture. Une de ses maisons, aux lignes innovantes, à la toiture en forme d’aile de papillon est construite dans les années 50, dans les jardins du MoMA de New York, en tant que maison de démonstration, où elle fait sensation.

La première réalisation de Marcel Breuer en France est le siège de l’Unesco, à Paris, construit en 1953. Cette œuvre marque un tournant dans sa carrière car il adopte dorénavant le béton comme premier matériau, devenant ainsi un des maîtres d’un courant architectural appelé le Brutalisme.

En 1960, Marcel Breuer est chargé de la réalisation du centre IBM de la Gaude, un X géant dans les pins, ouvert sur la nature et le paysage. Il a toujours affirmé que le bâtiment IBM était son oeuvre la plus réussie.

En France, d‘autres réalisations sont signées Breuer, telles que la station de sports d’hiver de Flaine, (1960) ainsi qu’une résidence privée, près de Deauville, la villa Sayer. Cette demeure, construite entre 1973 et 1975, sur des plans datant de 1959, destinés à l’origine à une maison pour l’acteur Peter Ustinov, mais non réalisée, a été classée monument historique, dès 1992.

La Gaude peut s’enorgueillir de posséder sur son territoire le bâtiment IBM, déjà labellisé patrimoine du XX e siècle. IBM est l’oeuvre dont Marcel Breuer était le plus fier. Cette réalisation, représentative d’une époque et d’un courant architectural mériterait indéniablement de devenir aussi monument historique.

Marcel Breuer est décédé à New York le 1er juillet 1982.

Pour plus d'informations parcourir le livre "La Gaude, mémoire en images", publié en 2004 aux éditions Sutton.

dimanche 1 juin 2008

Le « grand projet Malongo » : un non sens

Dans une période plutôt agitée, où le prix du gasoil et de l’essence ne cesse de flamber, où les transports devraient être optimisés et l’environnement respecté, certaines personnes osent encore parler de développement durable et d’intégration dans l’environnement lorsqu’ils parlent du « grand projet Malongo ». De qui se moque-t-on ? Des Gaudois c’est certain, mais aussi des habitants du Moyen Pays Niçois et des Niçois eux-mêmes.

Quelle brillante idée que d’installer « une cité du Café » pour ne pas dire « usine de torréfaction [1] » sur un site totalement inadapté au développement d’activité industrielle, à proximité d’une magnifique forêt, d’un centre de recherches, d’un centre dédié à la rééducation/formation d’handicapés, d’habitations et en face de beaux villages perchés, avec Saint-Jeannet, Gattière, Carros et les Baous.

La portée d’un tel projet a parfaitement bien été mesurée, notamment par des experts du tourisme et du développement économique. Aucune création d’emplois au départ, une altération de l’image de sites touristiques des Alpes-Martimes, des nuisances à venir… sans parler de la colère des habitants.
Si l’on continue dans cette voie là, on finira par compromettre ce qui a fait la notoriété de la Côte d’Azur. Les intérêts personnels à court terme ne devraient plus aujourd’hui prédominer sur des objectifs de développement à long terme. Il s’agit de se comporter en être responsable pour le bien être et le devenir des futures générations.


[1] Un projet de 23 000 m² bâtis, avec dans le permis de construire une usine de torréfaction, des locaux de stockage et des bureaux, en résumé cela représente le transfert de l'unité de production et du siège social de Carros. Il est étonnant de constater que depuis maintenant trois ans, la société en question n’a procédé à aucune modification de son permis de construire afin de montrer son intention de réaliser un amphithéâtre, un musée, une crèche (au sein d’une usine classée), justifiant ainsi l’appellation de « cité du café ». Côté laboratoire de recherche on parle d’une poignée d’ingénieurs et de techniciens.