mardi 16 mars 2010

Assemblée Générale Ordinaire (AGO) du vendredi 26 février 2010

Discours de la Présidente


Une nouvelle année vient de s’écouler et notre association est toujours aussi active pour se faire entendre auprès des autorités locale et nationale, par courrier, email, téléphone et bien entendu prise de rendez-vous.

A l’heure de l’avènement du développement durable et de la protection du patrimoine « vert » de notre écosystème, nos revendications nous apparaissent comme des plus légitimes pour affirmer : « Nous ne baisserons pas les bras » et ainsi continuer notre action afin d’agir en « être responsable ».

Face à la dégradation de plus en plus rapide de la biodiversité de notre planète et du cadre de vie de ses habitants, les associations de protection de l’environnement sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses notamment en France pour défendre les intérêts, non seulement de leurs adhérents, mais surtout des générations à venir.

Rien que dans les Alpes-Maritimes pour l’année dernière nous avons constaté :

- La fermeture de la décharge de Villeneuve Loubet sous la pression des riverains,
- La non-réalisation du projet Ikea,
- La réalisation du 2ème collège de Vence, dans le quartier de la FERRAGE, que refuse l’association NOSSIF,

- Le Centre Educatif de Cagnes sur Mer, une association a annoncé que l’affaire se terminerait au tribunal car les riverains refusent cette installation,

- La cimenterie Vicat dans la Vallée du Paillon qui connait une opposition à l'autorisation de brûlage annuel de 105 000 tonnes de déchets composés de boues de stations d'épuration, encombrants et mâchefer (résidus de station d'incinération), pour faire tourner les fours de la cimenterie,

- Après des semaines de polémique et la montée en puissance d’un front de refus, mené par le maire de La Roquette, les élus des 12 communes du Sivades (1) ont balayé d'un revers de main l'achat programmé des terrains roquettans où il était projeté la construction d’un incinérateur et d’un centre de compostage d’ordures ménagères.

D’autres régions de France, connaissent des faits similaires, en Bretagne avec les problèmes de porcheries nuisibles à l’environnement qui pourtant ne jouxtent pas de lotissements.

L’incinérateur de Fos sur Mer est défendu par l’Association de Défense et de Protection du Littoral du Golfe de Fos qui n’a pas hésité à mettre le dossier au tribunal.


Après avoir obtenu gain de cause dans l’épisode du Circuit de Flins, l’association « Agir pour l’Environnement » exprime sa très grande satisfaction de voir, un à un, les projets climaticides annulés sous la pression des riverains et des associations de protection de l’environnement. Ainsi, avec le circuit de Formule 1 de Flins, la mine de charbon dans la Nièvre, c’est maintenant au tour du « Grand contournement Ouest » de Strasbourg d’être sur la sellette. Pour l’association « Agir pour l’Environnement » : « la raison écologique semble progressivement l’emporter sur l’idéologie productiviste imposée par le néocapitalisme libéral ou libertarianisme».

D’autres problèmes graves relevant de l’environnement ont été relatés par les médias auprès des français, par exemple :

- A Carling en Moselle avec l’épisode de l’usine GPN du Groupe Total de Grandpuits en Seine et Marne où 300 personnes, après une fuite d’ammoniac, ont du être placées en zone de repli,
- Ou encore lors de l’incident concernant l’usine TREDI de Salaine sur Sanne, etc.

Tous ces malheureux faits divers, justifient l’existence d’associations, telle que la notre, pour défendre l’habitat et l’environnement. Afin d’éviter de réagir lorsqu’il est déjà trop tard, nous souhaitons sincèrement que nos élus prennent conscience du danger avant que les accidents arrivent et que de procédures couteuses soient engagées, témoignant au passage d’une certaine inaction et d’irresponsabilité.

En ce qui nous concerne, dans l’affaire MALONGO, et comme nous l’ont confirmés de nombreux chefs d’entreprises de PME/PMI du département, il est totalement absurde de vouloir transférer l’usine de torréfaction (avec ses différentes unités de production) de la Zone industrielle de Carros sur un site haut perché bordé par la forêt, situé à proximité de maisons préexistantes (dont la première serait à moins de 120 m), sous les fenêtres de la prestigieuse institution IBM, à proximité immédiate du centre de réadaptation fonctionnelle géré par la CRAM et dans un très proche environnement des terrains où les jeunes de La Gaude et St Jeannet viennent pratiquer des activités sportives.

Comme nous l’a appris Nice Matin, la Zone industrielle de CARROS connait une réhabilitation et une extension pour un cout global de 10 millions d’euros. Cela permettra d’offrir aux 400 entreprises et aux 8000 salariés de bénéficier d’une offre élargie de services, tels que un immense restaurant d’entreprises, d’un service de conciergerie d’entreprise, de salles de formation ainsi que de nombreux services pour les salariés de la zone.

Comment les dirigeants de la société MALONGO pourraient-ils ignorer les dangers encourus par les tiers et l’environnement, lorsque par exemple :
- d’importantes quantités de gaz sont nécessaires à l’activité de torréfaction,
- un nombre certain de particules (pollution insidieuse) seront rejetées dans l’air,
- les odeurs et les bruits qu’il faudra supporter,
- la circulation de nombreux camions de livraison et d’approvisionnement nécessaires à la production qui emprunteront des routes sinueuses inadaptées, augmentant de ce fait les risques d’accidents et d’incendies.

Au niveau de la commune et du département, il est tout simplement incroyable qu’un tel projet ait pu être envisagé sur une commune de plus de 6000 habitants et comptant plus de 95% de zones boisées sur son territoire.

Enfin, lorsque les prix de l’essence et du gasoil ne cessent d’augmenter, que l’on parle de réduire la pollution et le taux d’émission de CO2 par la taxe Carbone, que la dangerosité, la durée et la longueur des trajets liées au transport des matières premières et produits finis seront bien supérieures en partant de La Gaude par rapport à Carros, on peut s’interroger sur les motivations réelles des dirigeants de Malongo de vouloir augmenter le budget « transport ».

Sur le plan juridique, notre appel associé à ceux des particuliers contre la mairie de La Gaude pour avoir délivré le permis de construire le 26 octobre 2007 est toujours en attente auprès de la Cour d’appel du tribunal administratif à Marseille. Nous espérons que ce recours sera étudié avec sagesse et toute l’impartialité que l’on est en droit d’exiger.

Sur le plan politique, notre principal interlocuteur est maintenant Monsieur Nicolas SARKOZY, Président de la République, qui a toujours pris le temps de répondre à l’ensemble de nos courriers en demandant à plusieurs ministères, notamment l’Industrie (Monsieur Christian ESTROSI), l’Environnement (Monsieur Jean-Louis BORLOO) et le Ministère de l’Intérieur (Monsieur Brice HORTEFEUX), d’étudier avec soin ce dossier. Aujourd’hui, encore nous sommes en correspondance directe avec l’Elysée (le dernier courrier datant du 3 février dernier).

L’union et le « courage du bon sens » faisant notre force, nous sommes restés motivés malgré les intimidations. Lors de ces discours, le directeur général de Malongo parle d’une « poignée d’irréductibles », mais quelle poignée !

Notre combat nous a amené fort logiquement à étudier la réalisation d’usines de torréfactions en France et à l’étranger. Depuis ces dernières années, pour éviter toutes nuisances, procédures et respecter un développement durable, les sociétés et municipalités ont préféré implanter les sites de production industrielle à risque en dehors des agglomérations. Alors pourquoi n’en serait-il pas de même sur la commune de La gaude ?

Pour ces raisons, nous avons décidé de prendre contact avec de nombreuses associations de protection de l’environnement afin d’augmenter notre impact et nos connaissances pour adopter, dans un tel dossier, suivants les circonstances, l’attitude adéquate.

L’épisode ou plutôt le long métrage « OIN » (Opération d’Intérêt National) ne fait que rajouter de l’eau à notre moulin.

En effet, le nom évocateur d’EcoVallée devrait parler de lui-même. Depuis peu, notre belle vallée du Var bénéficie de l’attention de l’Etat, sous l’impulsion du Maire de Nice et Ministre de l’Industrie, Monsieur Christian Estrosi.
L’OIN s’étendra du delta du Var au Bec de L’Estéron. Elle reçoit le nom d’EcoVallée, sans doute pour mieux la situer dans sa vocation futuriste.
L’Ecovallée déborde largement des rives du Var puisque La Gaude, ST Jeannet , La Roquette sur Var et une bonne douzaine d’autres villages environnants sont plus ou moins inclus dans son périmètre. Les terrains achetés par Malongo sur le site de la ZAC IBM de La Gaude sont concernés.
En tout, près de 10.000 ha - grosso modo environ un rectangle de 6 kilomètres sur 14 - vont connaître une transformation radicale. Seuls 450 ha sont touchés par les constructions, mais plus de 2600 ha par les aménagements des bords du fleuve.
Les élus et la population n’ont pas encore eu le temps de mesurer les conséquences positives et négatives importantes sur l’emploi, l’activité économique, le transport, le tourisme, l’éducation et la recherche.

Sur le plan de la biodiversité, le fleuve est désormais inscrit, de l’embouchure à la confluence avec la Vésubie, dans le dispositif européen de protection Natura 2 000. Ce sanctuaire pour les oiseaux sera géré par le Conseil Général, dirigé par Monsieur Eric Ciotti, qui compte installer sur les berges : des panneaux d’interprétation, des postes d’observation et des pistes cyclables.
Pour votre information, La basse vallée du Var est classée « Zone d’Intérêt Communautaire pour les Oiseaux, ZICO ».

En ce qui concerne le développement économique de la zone qui nous intéresse, dès septembre 2010, selon les mots prononcés lors des vœux de nouvelle année par le Maire de la Gaude à la Coupole, il est prévu l’arrivée de l’Ecole d’infirmières du CHU de Nice. D’autres projets liés à l’enseignement et au médical pourraient suivre.

Nous espérons très sincèrement voir la réalisation de tels projets ou projets similaires afin de profiter pleinement des atouts du Moyen pays, développer l’économie de manière pérenne pour l’ensemble des habitants et commerçants de cette région, sans pour autant nuire à notre environnement.

Il s’agit simplement de faire ce que l’on dit : « du développement durable ». Notre union est notre force, je vous remercie pour votre fidélité pour ce combat que nous menons depuis cinq ans déjà. Nous avons toujours besoin de vous. Merci.

jeudi 1 octobre 2009

Idée "loufoque" ou plutôt "visionnaire" ?

A une certaine époque, l’idée d’élaborer un Centre d’Excellence, dédié au développement managérial et au leadership sur le site d’IBM à La Gaude, était battue en brèche. Et pourtant la vision portée par une équipe solide de volontaires était bien sincère et parfaitement alignée non seulement avec la vocation du site d’IBM, mais surtout avec les potentialités de la Côte d’Azur.

Quoi de plus naturel, que d’utiliser les atouts d’un site « hautement » symbolique précurseur de Sophia Antipolis et d’une région unique au monde pour bâtir un centre de réflexion, de formation sur une terre d’accueil faites pour cela. Le tourisme d’affaires, la culture et la formation vont bien ensemble.

De part sa position, l’entreprise Malongo pourrait être partie prenante de différentes manières dans une telle aventure, en devenant notamment un acteur actif parmi d’autres acteurs pour développer ce « Centre ». Après le « commerce équitable » et le « développement durable » quoi de plus noble que de s’attacher au développement de l’être humain.

Idée « loufoque » ou plutôt « visionnaire » ?

L’actuel Directeur Général d’HEC, par exemple, n’hésite pas à parler du « leadership » comme d’une condition sine que non au maintient de la compétitivité des entreprises française : « L’autorité ne vient plus du savoir, elle vient de la personnalité, du charisme, de la capacité à faire adhérer les hommes à des idées, et surtout de la capacité à les faire travailler ensemble. Ce mouvement nous semble irréversible, et ne fera probablement que s’accentuer dans les années à venir. »

Le Patron des patrons, Jack Welch, ancien Directeur Général de General Electric, nommé manager du siècle : « Je voulais tout changer : les étudiants, le corps enseignant, les programmes et l'apparence physique du lieu. Je souhaitais abandonner les formations fonctionnelles spécifiques afin de concentrer tous les efforts sur le développement des dirigeants. Je voulais pouvoir y toucher l'esprit et le cœur de nos meilleurs éléments, y couler le ciment qui assurerait notre cohésion pendant la mutation.»

René Cassin, Prix Nobel de la Paix en 1968 : « Plus que les villes politiques de New York ou Tokyo, ou La Mecque, ou Rome, Nice est un terrain favorable pour étudier l’avenir de l’organisation de l’humanité et spécialement ce qui doit demeurer propre à certains groupes humains mus par des conceptions sociales voisines et ce qui doit devenir commune à tous les peuples occidentaux ou orientaux, pour rendre la paix possible aux Nations Unies…Dès lors, ont peut espérer que les villes nouvelles, non mêlées aux guerres arabes et étrangères, comme c’est le cas de Nice, sont appelées à jouer un rôle de point de rencontres peut-être menées pour des négociations politiques (la Paix, la Science), le tourisme, l’art, les échanges et d’ordre encore supérieurs… »

Aujourd’hui, les temps sont durs, la « gouvernance » des Entreprises s'affole et se rétracte dans l'extrême court terme, et le Management - qui tend à « subir » - est de plus en plus rarement « aux commandes », en dépit des apparences et des invocations à la « résilience collective » : l'énergie de Direction, de Mobilisation et d'Animation des hommes, dans nombre d'entreprises, est engagée dans des « fuites en avant » de concepts et de « mots d'ordre » qui finissent par sonner creux et qui lassent et « braquent » corps sociaux et personnels : “professionnalisme invoqué”, “messes d'efficacité”, “vêpres de croissance” : les slogans continuent de faire florès... Alors, tant bien que mal, « la nave va... » !

Dans ce contexte et dans cette ambiance de « faux plat » et “d’après-crise dans la crispation”, le management contemporain, n’a pas encore voulu ou pu “faire sa mue” : il reste au stade du « management en crise », incapable, pour l’heure, d’être – avec volonté et imagination – un management de crise, pro-actif, « incarné » et vraiment efficient.

Si « le Management sans conscience n'est que ruine de l'âme », le Management qui se parodie et se « dis-simule » pour aller au bout de lui-même (et, au-delà si possible), n'est que ruine de l'« esprit » et, spécifiquement, de l'« esprit d'entreprise ». Et nombre de logiques de gouvernance semblent se défier des manifestations authentiques du « leadership » : se méfierait-on du talent humain de première ligne, d'« incarnation » et de prise de responsabilité concrète, au point de lui substituer des « systèmes », des « normes », des « procédures », bref du « sécuritaire managérial » ?

Quant aux phénomènes « macro » à la mode du “Zeitgeist” : “commerce équitable”, “développement durable”, “régulation éthique” (sic!), ils commencent déjà à « être coincés dans leurs bulles... ».

Sans valeurs, principes, profondément ancrés (mais jouets de multiples effets d'annonce médiatisés), les mots « équitable » et « durable » restent vides de sens et ne résument qu’une démarche marketing éphémère dont personne n’est dupe quant à son objectif.

La crise actuelle est bien plus profonde qu’il n’y paraît. Elle n’est pas seulement économique, sanitaire, ou environnementale, elle est aussi identitaire, idéologique, épistémologique, démographique et existentielle. L’homme aurait-il perdu sa « raison d’être » ?

C’est pourquoi dans une période de rumeur (savamment entretenue par certains) où l’on entend tout et son contraire, nous tenons plus que jamais à affirmer notre position.

« S’engager signifie qu’il est possible pour un homme (ou un groupe d'hommes) d’assujettir le centre névralgique de son consentement à un objectif ou à une cause, à un mouvement ou à un idéal, qui peuvent lui paraître plus importants que de vivre ou de mourir. »
Howard Thurman, Disciplines of the Spirit, 1963

samedi 7 février 2009

Constat tenu lors de l'AGO du 30 janvier 2009.

Une année douloureuse de combats vient de s’achever pour céder la place à une nouvelle année de batailles âpres à venir. Cependant, notre motivation reste intacte. Il en va de l’héritage que nous laisserons aux futures générations gaudoises. C’est pourquoi nous continuerons à faire front, notamment par notre lobbying auprès de l’ensemble des autorités compétentes et responsables. Ainsi de très nombreux courriers et prises de rendez-vous avec des hommes politiques sont à prévoir.

Vous avez pu lire la désinformation faite par la presse locale sur les projets de MALONGO. Nous sommes toujours choqués d’entendre parler de musée, de crèche et de serres, qui nécessitent des autorisations spécifiques, alors qu’il suffit simplement de se rendre en mairie pour constater la réalité des faits. En quelques mots : la transplantation d’usines classées sur un site répertorié « pôle de compétitivité solutions communicantes sécurisées ».

Nous avons été reçu par le directeur de cabinet du Ministre Jean Louis BORLOO ainsi que par une de ses collaboratrices. Ils ont été surpris de prendre connaissance de ce dossier par notre biais. En effet, ils n’avaient pas eu vent jusqu’alors de cette affaire. A cet effet, nous leur avons laissé un dossier concis et précis en se promettant de rester en contact.

Pourquoi vouloir installer des usines sous les fenêtres d’IBM, lieu de travail de chercheurs, alors que l’exploitation de ce site fut le résultat d’un choix judicieux à l’époque des dirigeants d’IBM afin de privilégier la tranquillité propice à la réflexion de leurs ingénieurs. Pourquoi vouloir dénaturer le cadre environnemental du centre d’handicapés si important pour la rééducation ?

Quelles sont ces têtes pensantes, dans cette affaire, qui ne se préoccupent pas du danger qu’elles vont faire encourir notamment aux deux roues et automobilistes, lorsque ces derniers croiseront sur nos routes inadaptées des semi remorques.

Il est toujours aussi surprenant, alors que l’on parle de développement durable, de réduire le trafic et la pollution liée aux poids lourds, afin d’une part de diminuer les risques d’accidents sur les routes et d’autre part de réduire les dépenses liées au budget transport, le prix du carburant ne cessant d’augmenter, de voir un industriel s’obstiner à vouloir implanter ses usines de production loin des axes autoroutiers.

En ce qui concerne les rejets de particules, les odeurs, les produits chimiques, nous avons pu constater qu’à Strasbourg la société SATI (
http://www.cafesati.com/spip.php?rubrique22 ) a transféré ses usines hors de la ville à la demande de la commune, afin d’arrêter les nuisances sur les riverains. L’usine SATI, qui a une capacité cinq fois inférieure à celle de MALONGO rencontrait des problèmes liés au processus de torréfaction, et les riverains devaient en subir les conséquences. Ainsi de nombreuses pétitions affluèrent à la Mairie qui finit par offrir un terrain à SATI sur le port autonome afin de réduire les nuisances. L’entreprise a retrouvé des avantages non négligeables : une paix sociale et des coûts de transport nettement plus avantageux.

En Nouvelle Zelande, la société CELSIUS (
http://www.celciuscoffee.co.nz:80/asustainablebusiness.aspx), quant à elle a directement installé son usine de torréfaction, loin des communautés résidentielles afin de réduire ses nuisances sur les riverains, en le justifiant ainsi :
« Si les odeurs du café fraîchement torréfiées sont merveilleuses, les arômes dégagés pendant le processus de torréfaction ne sont pas si bons. Les opérations de torréfaction peuvent avoir un fort impact sur les secteurs avoisinants ; c’est pour cela que nous avons soigneusement choisi un site situé loin des habitations pour assurer que le processus n’ait pas d’incidence néfaste sur la communauté. »

D’autre part, le comité scientifique de l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire des Pays Bas s’est vu solliciter pour effectuer une analyse sectorielle des dangers de la torréfaction.

Malongo à La Gaude c’est une aberration.

Contrairement à ce que l’on peut constater pour d’autres implantations, notamment celle d’AZF à Toulouse, où ce sont les lotissements qui se sont créés à proximité de l’usine, à La Gaude et à Saint Jeannet, les zones pavillonnaires datant des années 1960, sans même parler du château des templiers, nous permettent de bénéficier du respect d’antériorité.

Les zones industrielles situées dans la plaine du var ne manquent pas de terrains à mettre à la disposition des industriels qui le souhaitent, pour preuve IKEA.

Le 26 novembre 2007, lors de l’assemblée générale extraordinaire vous m’avez donné le pouvoir d’ester en justice afin de montrer à la justice les irrégularités du permis de construire. Ce qui a été fait le 19 décembre 2007.

A la grande surprise des personnes présentes lors de l’audience du 06/11/2008, nous nous sommes rendus compte que la commissaire du gouvernement désapprouvait sa consoeur qui avait jugé une première fois cette affaire le 15 février 2007 et qu’elle a surtout relaté le mémoire en intervention de Malongo sans tenir compte du mémoire explicite de Me BOITEL, par conséquent nous avons été déboutés : Cela n’a pas été une surprise. Désormais nous souhaitons que la cour d’appel étudie avec soin ce dossier.

Dans le jugement, ce qui nous a choqués, c’est surtout le fait que l’on veuille détruire l’association par le fait que nos premiers statuts déposés et enregistrés le 2 août 2005 ne nous auraient pas permis d’ester en justice. Ce qui est faux : l’article 11 précisait exactement :

Présidence : Le président représente l'Association dans tous les actes de la vie civile et est investi de tout pouvoir à cet effet. Il a notamment qualité pour ester en justice au nom de l'Association, tant en demande qu'en défense, et former tous appels ou pourvois. Le président convoque les Assemblées Générales et les Conseils.

Le 9 février 2006 une modification de nos statuts était effectuée en préfecture. Désormais c’était l’article 2 qui indiquait que nous pouvions ester en justice et l’article 8 précisait

Ressources et Engagements :
Les ressources de l’association sont
a) cotisations,
b) subventions de l'état, du département, de la commune,
c) dons, legs et toute ressource autorisée par la loi.
Le patrimoine de l’association répond seul des engagements contractés par elle, sans qu’aucun des membres de cette association, même ceux qui participent à son administration, puisse en être tenu personnellement responsable

En tout état de cause, notre association est déclarée en préfecture, parue au Journal officiel et une circulaire de la préfecture des Alpes Maritimes, service Associations, bureau 202, indique que la loi du 1er juillet 1901 stipule que toute association rendue publique par un extrait de la déclaration de ses fondateurs au journal officiel, acquiert la capacité juridique, c'est-à-dire le droit d’ester en justice …

Notre action est un recours des tiers, droit légal (reconnu à la barre par l’avocat de MALONGO). Il est fait contre la Mairie de LA GAUDE et non contre l’industriel. Ce recours a été institué par l’Etat français, aussi nous comptons l’utiliser jusqu’au bout et continuer à nous défendre tous crocs dehors mais surtout légalement.

Faire valoir nos droits est notre seule volonté. Nous sommes une association de défense de l’environnement, son objectif est de préserver notre cadre de vie tout en voulant une évolution harmonieuse du développement économique de l’arrière pays niçois.

Nous avons invité Maîtres BOITEL et AONZO afin qu’ils répondent à toutes les questions de l’importante assemblée, et par un vote, cette dernière a donné à l’unanimité l’autorisation à la présidente de porter l’affaire en Cour d’Appel de justice à Marseille.

vendredi 6 février 2009

Un exemple d'implantation cohérent...


Plutôt qu'un long discours, la photo du site de l'entreprise les cafés Jacques VABRE sur l'un des deux parcs d'activités économiques de Lavérune, parle d'elle-même.


- Pas de forêts ou sites touristiques à proximité (50/200 m)
- Pas de zones pavillonnaires jouxtant le site (50/200 m)
- Pas de routes sinueuses fortement empruntées
- Pas de centre de recherche et/ou de centre de rééducation à côté (10 à 50 m)
- Pas de massifs montagneux relativement proche du site (comme les Baous sur La Gaude et St Jeannet) pouvant bloquer la circulation des vents et des nuages
- ...

Sur le site de La Gaude (la ZAC IBM) visé par l'implantation d'une usine de torréfaction de la société MALONGO, tous les points cités ci-dessus sont présents.

La torréfaction un processus pas aussi anodin !

Source : http://beanactivist.wordpress.com/2007/12/30/wake-up-and-smell-the-coffee-emissions/

Les grains de café proviennent de fèves, il faut 3 kg de féves pour avoir 500 g de grains café. Ils arrivent par sac de 60 kg en jute. Les grains doivent être traités contre certains insectes et champignons. Les sacs laissent passer des poussières plus ou moins grosses.

1ère étape : café vert : nettoyage des grains de café pour éliminer les saletés et les débris.

2éme étape torréfaction : les grains sont grillés entre 180°C et 240°C de 5 à 20mn. Les grains de café vert contiennent une grande variété de composés chimiques, y compris les protéines, les graisses, des sucres, de la dextrine, de la cellulose, la caféine, et les acides organiques. La torréfaction crée 800 types de molécules, certaines se retrouvent sous forme de gaz dont les Composés Organiques Volatiles (VOC) tels que les aldéhydes (comme dans du formaldéhyde), des acides organiques (comme l'acide acétique) et de l'acroléine, du furane, du benzène (cancérigène), des phénols et …. des poussières. Auxquels s’ajoutent les NOx, CO2 et CO produits par la combustion du gaz naturel.

Au Colorado chaque torréfacteur doit être équipé de « cyclone » pour réduire l’émission de particules au moins à 70%. Chaque torréfacteur doit être équipé d'un dispositif de postcombustion, capable de réduire les emissions de VOC d'au moins 95%.

3éme étape Refroidissement: A la fin de la cuisson, il faut refroidir très rapidement à l'aide d'un jet de vapeur d’eau qui se vaporise immédiatement (les grains ayant une tendance à l’auto-inflammation), puis passage dans un flux d’air dans une enceinte généralement fermée.

mardi 2 septembre 2008

UN RAPPORT D'INFORMATION (2008)

RAPPORT ANNUEL DES ACTIVITES DE L’ASSOCIATION POUR L’ANNEE 2008 EXPOSE LORS DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 09 FEVRIER 2008

L’année 2007 aura été une année à rebondissements pour l’affaire MALONGO et l’année 2008 s’annonce déjà très prometteuse.




En février 2007 lors de l’audience du Tribunal Administratif (TA) de Nice le Commissaire du Gouvernement donne raison à la Mairie de La Gaude et condamne les protagonistes à verser des dommages et intérêts à la commune. Mais surprise 15 jours après le TA prend une décision opposée et donne raison à MALONGO. Ce revirement a fait beaucoup jaser dans le milieu politique ainsi qu’auprès des journalistes spécialisés dans le domaine de la justice. A Nice il s’agissait d’une première.

La Mairie de LA GAUDE après réflexion décide d’aller en appel, malgré un courrier menaçant (toujours) du Sous Préfet SERRA. Son recours porte sur deux points : le sursis à exécuter, la décision du TA qui obligeait le Maire à réinstruire le permis de construire et le jugement sur le fond.
Seul le sursis à exécuter a obtenu une réponse et a été refusé. A ce jour, le jugement sur le fond du permis de construire n’a toujours pas été jugé. Le dossier est également devant le Conseil d’Etat en attente de jugement.

Courant du mois de mars, les membres du bureau de l’association et également le Maire de ST JEANNET reçoivent des menaces de mort avec pour exigence de cesser leur entêtement. IKEA n’a pas connu autant de pression et d’implication politique.

L’association a interpellé durant toute l’année 2007 les différents élus concernés.

Le Président de la République a reçu plusieurs lettres et nous a répondu par courrier. Le premier Ministre a également été interpellé principalement sur le danger des feux de forêts et la vocation du site ; le Ministre de l’environnement nous a fait savoir qu’il demanderait une enquête auprès du Préfet et dans la continuité les service locaux ont été saisis sans qu’aucune réponse ne nous soit fournie jusqu'à maintenant.

Le Ministre de l’écologie a été saisi à deux reprises et nous a précisé qu’il confiait ce dossier au Préfet et qu’il souhaitait être tenu informé.

Du côté de la Préfecture nous avons adressé plusieurs lettres et demandé une audience auprès du Préfet. A ce jour, nous sommes toujours sans réponse.

Le député de notre circonscription, M. LUCA nous a reçus le 21 septembre 2007 et nous a assurés qu’il soutiendrait le Maire de La Gaude dans sa décision, tout en nous indiquant que lors de son mandat de Maire sur la commune de Villeneuve Loubet il avait été amené à refuser avec véhémence une usine d’incinération sur un site jouxtant des habitations, prétextant que des sites plus adéquates se prêtaient à la réalisation de ce type d’usines.

Notre Conseiller Général durant trois ans d’existence de notre association n’a jamais daigné nous recevoir. Cependant au cours d’une manifestation, j’ai pu avoir une conversation avec lui : il m’indiquait qu’il ne comprenait pas pour quelles raisons nous refusions cette usine.

De toute manière il semblerait qu’il n’ait jamais vraiment défendu le dossier de son canton lors des réunions du Conseil Général. D’où l’importance pour nous de choisir des personnalités qui nous représenterons avec courage et pugnacité auprès des autorités locales.

De très nombreux courriers ont été adressés à l’ensemble des administrations locales afin de les informer des dangers que nous apporteraient l’installation d’usines classées. Aucune réponse n’a jamais été adressée à notre association.
Ceux qui disent l’inverse en matière de risques encourus sont des personnes irresponsables qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et qui demain devront justifier leur position. Il ne faut pas oublier que l’implantation de MALONGO à LA GAUDE est l’ouverture à une zone industrielle et pourquoi pas par la suite, à l’installation d’une usine d’incinération ou d’épuration dans les autres quartiers de nos villages. Par conséquent je vous laisse imaginer ce que subiront les habitants se trouvant sur les CD 18 et 118.

Enfin, je voudrais vous dire que dans le cas de Toulouse, ce sont les lotissements qui se sont construits autour de l’usine, ce qui n’est pas le cas en ce qui nous concerne. Des terrains auraient été proposés au Directeur Général de Malongo, M. BLANC, par l’intermédiaire de M. PAPY pour GATTIERES ainsi que sur la commune de la ROQUETTE SUR VAR.

IKEA a bien trouvé des terrains sur LE BROC qui agrandit sa zone industrielle. Il semblerait que les dirigeants d’IKEA fassent preuve de plus d’intelligence car lorsqu’une usine est mal accueillie, elle ne peut s’attendre qu’à des problèmes durant toute son existence surtout lorsqu’il s’agit d’installation de cet acabit.

Un rendez-vous a également été demandé au Président du Conseil Général, mais là également, notre demande est demeurée sans réponse et le demeurera sans doute très longtemps, compte tenu de ce qui s’est déroulé le jeudi 31 janvier 2008. Voir un Secrétaire d’Etat et des Préfets se prêter au jeu d’un industriel dont le dossier est en attente de trois jugements après une enquête publique défavorable, c’est sans doute une première en France. Ils doivent estimer que la justice n’a plus sa raison d’être ou que la séparation des pouvoirs n’est qu’un mythe.

Après avoir fait étudier ce dossier par Me BOITEL, celui-ci nous a confirmé que bien des anomalies parsemaient ce permis de construire et qu’il était légitime non seulement de préserver notre cadre de vie, mais d’assurer surtout un développement économique cohérent et durable du site symbolique d’IBM dans les Alpes-Maritimes, la destination de ce terrain n’étant pas prévue pour recevoir des usines mais du tertiaire et de la recherche.

Pour les zones industrielles le Conseil Général des Alpes-Maritimes a réalisé une RN bis mise en service en septembre 2007 qui facilite les transports routiers vers les autoroutes et l’aéroport.

Dans une note de la CANCA on peut lire qu’il existe bien un projet pour relier la plaine du Var à LA GAUDE mais que cette route ne pourra être créée qu’après réalisation d’un pont sur le Var à La Baronne. Ce n’est donc pas pour demain. IBM attend cette route depuis plus de 40 ans. MALONGO se croit-il plus fort qu’IBM ?

Pourquoi la société MALONGO s’obstine-t-elle à vouloir grever son poste transport, compte tenu notamment des prix du carburant, et augmenter les risques d’accidents de la route, en s’éloignant des facilités de transport réalisées par l’Etat. Il faudrait rappeler à M. ESTROSI ses allocutions sur les permis de construire délivrés à tort et à travers.

Dans le projet de PLU qui est étudié par la Municipalité TANGUY et qui devrait être mis en place dans les prochains mois, la ZAC IBM est interdite à toute implantation industrielle. Pourquoi un permis à une entreprise industrielle a-t-il été accordé ? Mystère !!!

Par conséquent vous avez décidé de procéder à un recours au tiers, déposé le 21 décembre 2007 afin de faire valoir vos droits. Les arguments soulevés par Me BOITEL sont des plus justifiés, tout comme notre combat d’ailleurs, nous verrons si cette fois-ci le Tribunal Administratif de Nice intercédera en notre faveur.

Ce dossier contrairement à ce que l’on peut entendre est loin d’être plié. Ceux qui le disent, sont des personnes qui n’ont pas confiance dans la justice de notre pays ou bien qui approuvent ce projet. Pourtant ce dernier n’apportera rien sur le plan monétaire à notre commune : la taxe professionnelle ira dans les caisses de la CANCA dans 8 ans seulement. De plus, il s’agit d’un transfert d’usines : ses employés sont déjà installés dans les communes environnantes et ont leurs habitudes chez leurs commerçants. Les retombées économiques seront bien maigres en comparaison des préjudices que la commune devra subir, notamment 14 millions d’euros qui lui sont déjà réclamés avant même de commencer, ce qui est un comble.

Ce que nous gagnerons : y compris sur ST JEANNET, voire GATTIERES surtout du bruit dû aux compresseurs, la pollution de l’air par des particules invisibles et des odeurs indescriptibles si je reprends l’étude d’impact consultable en Mairie et qui augmenteront au fil du temps avec la vétusté du matériel, des routes inadaptées encombrées par des semi-remorques, camions, camionnettes et qui amèneront un danger supplémentaire sur nos routes. Les purs Gaudois m’ont rappelé que la création d’une route desservant la baronne à IBM est promise depuis 30 ans. Cela nécessiterait beaucoup d’expropriation et je vous rappelle qu’une partie des terrains a été classée pour sa faune et sa flore par la DIREN et NATURA 2000.

Quelles retombées pour les populations et les commerçants ? Aucune. Mais le pire reste à venir, surtout lorsque nous sommes dépourvus d’une réelle vision du développement du Moyen Pays. La Côte d’Azur tire sa notoriété du tourisme, or quel impact aura l’implantation d’une « brûlerie de café » sur le site à l’origine du développement de Sophia-Antipolis ? Si la compagnie IBM venait à quitter le site, quelles sociétés/universités High Tech accepteront de s’installer dans les locaux d’IBM, à proximité d’une unité de production de café ? Non seulement ce projet ne crée pas d’emplois, mais nuira au développement économique du Moyen Pays sur le moyen long terme. Alors que ce site, de par son architecture et ses atouts, permettrait la réalisation de projets où chacun trouverait un avantage si on s’en tenait au classement réalisé par les services de l’Etat : la DATAR.

Comme le rappelle le Maire de St Jeannet, M. Nirascou, il ne faut pas se leurrer. L’issue du combat que nous menons aujourd’hui cristallisé par la société Malongo, afin de lutter contre l’industrialisation lourde du Moyen Pays, déterminera très certainement son avenir pour les décennies à venir. Le cheval de Troie est rentré, il est de notre devoir de citoyens de le reconduire sur des sites plus appropriés, surtout après les conclusions émanant des grenelles sur l’environnement.

De nombreux recours peuvent être envisagés. Ce sont des droits mis à notre disposition par les lois françaises et européennes et nous les utiliserons.

A ce jour, la St ANTIGUA filiale de MALONGO se trouve à 3 reprises devant la justice pour :

- des recours au tiers au Tribunal administratif de Nice,
- un appel au Tribunal de Marseille,
- et le Conseil d’Etat appelé à étudier ce dossier.

mardi 17 juin 2008

Le Plan du Bois, Acte n°4 ... en attendant un peu d'histoire

Notre quartier possède une histoire.


Notre quartier n’est pas né avec IBM, dans les années 1960-1961. Il possède une histoire ancienne et bien réelle, dont témoignent des documents d’époque.

Cette histoire s’est jouée en 3 actes.

L’acte n° 1 date de 1599, date de la création, au Parlement d’Aix, de la commune indépendante de la Gaude, séparée de celle de Saint-Jeannet après plusieurs années de tractations et chamailleries. Les juges d’Aix avaient ordonné l’estimation des terres respectives et leur ventilation entre les deux communautés, ainsi que celles des charges liées aux terrains. Le Plan du Bois, territoire d’une soixantaine d’hectares, dit à l’époque « Bois de la Gaude » devient, sur décision du Parlement d’Aix, territoire indivis entre les deux communautés de la Gaude et Saint-Jeannet. Les habitants des deux communes bénéficiaient indistinctement du droit d’y faire paître leurs troupeaux et d’y ramasser du bois.



Acte 2. Plusieurs siècles passent, nous arrivons en 1836.
Saint-Jeannet demande alors à sortir de l’indivision du Plan du Bois. Les procédures, échanges de mémoires, querelles d’avocats et chicanes diverses vont durer 5 années. Faute d’accord entre les deux parties, le tribunal de Grasse finit par décider d’un tirage au sort entre deux lots…
Las! Les dés attribuent à Saint-Jeannet ce qui aurait convenu à La Gaude et vice-versa…
Les Saint-Jeannois se retrouvent donc, en 1841, propriétaires des 28 hectares de territoire du Plan du Bois les plus éloignés de leur village. Fin du deuxième acte.


L’acte 3 aura lieu plus d’un siècle plus tard, en 1960. La commune de Saint-Jeannet vend ses 28 hectares de bois à la société américaine IBM. L’histoire de notre quartier et de notre village venait d’entrer dans une nouvelle ère.

Avant l’implantation du Centre de Recherches, ce secteur de la Gaude ne connaissait que bois de chênes et d’autres essences méditerranéennes, traversés par la piste empierrée qui, depuis 1862, descendait vers Saint-Laurent du Var. En 1599, le territoire était déjà implanté en bois, cependant, lorsque l’on se promène, on remarque les traces d’anciennes restanques, témoignages d’une activité agricole antérieure, datant vraisemblablement du moyen age.

Ces bois représentaient une certaine richesse dans l’ancien régime. Au 18e siècle, on se préoccupait déjà de protection des massifs forestiers, dans le but de préserver une ressource indispensable à la construction des vaisseaux de guerre et de commerce, bien loin de nos soucis écologiques d’aujourd’hui. En 1773, la Chambre des Eaux et forêts établit une réglementation sévère : défense absolue de mener paître les chèvres dans les forêts, sévères contravention à l’encontre de ceux qui coupent le bois sans autorisation, interdiction d’allumer du feu à moins d’un demi quart de lieue d’un bois « à peine de fouet pour la première fois et de galère en cas de récidive. » Le même texte stipule que l’incendie volontaire sera puni de mort.

Les bois de la Gaude ont constitué une petite source de revenus secondaires pour les habitants du lieu. Dans les années cinquante, certaines années, on y récoltait des morilles à pleins paniers. Les plus malins ou les plus chanceux y récoltaient des truffes, comme certains vieux Gaudois et Saint-Jeannois en trouvent encore de nos jours du coté des Baous. Ne me demandez pas où et qui, le secret est mieux gardé qu’un secret défense ! Je témoigne cependant que cela n’est pas une légende, j’ai vu de mes yeux une magnifique truffe noire d’au moins 50 grammes, récoltée sur le Baou, et enfermée dans un pot de confiture Bonne Maman, je vous laisse deviner le parfum qui s’est échappé du pot lorsqu’on l’a ouvert pour me permettre de l’apprécier !


Au printemps, les jeunes du village se faisaient un peu d’argent en ramassant les genêts en fleurs, pour les vendre au commissionnaire, intermédiaire avec les usines de parfumerie de Grasse. Une autre cueillette traditionnelle concernait le sumac, cet arbuste que l’on remarque obligatoirement lorsque l’on se promène dans nos bois à l’automne car il explose alors de toutes les nuances du rouge. Son écorce servait de plante tinctoriale.


Durant la dernière guerre mondiale, notre quartier dominant la vallée du Var, à l’époque isolé, avait été repéré comme stratégique par des maquisards. Des groupes de Résistants y avaient établi des postes d’observation, heureusement aucun combat n’a ensanglanté nos bois. Il n’est pas rare de découvrir des restes de ces temps troublés au cours de travaux de construction ou de débroussaillement, témoins des années de lutte contre l’Occupant. Nous même, il y a quelques années, au cours de l’aménagement de notre jardin , nous avons trouvé une grenade de fabrication américaine, à demi fichée dans le sol et en parfait état de fonctionnement, prise en charge par le service de déminage de l’armée. La même année, alors que nous avions entrepris quelques travaux de plantation, un chapelet entier de balles de mitrailleuses nous est apparu, à l’emplacement convoité pour l‘établissement de quelques pieds de groseilliers.

Le Plan du Bois recèle, ou recelait, dans son sous-sol deux grottes répertoriées et étudiées. L’une d’elle, dite « grotte du Plan du Bois », a été étudiée et son plan relevée en 1957. Son emplacement se situe dans le lotissement même, avenue des oliviers.
Le Spéléologue Yves Créach dans « Inventaire spéléologique des Alpes Maritimes- 1984 » décrivit son emplacement.

Une autre cavité naturelle se situe dans le domaine même d’IBM, au niveau des parkings. Il s’agit d’un aven, dont l’orifice est, de nos jours couvert d’une plaque d’égout. Cet aven était connu des Gaudois bien avant 1960. Ils s’y débarrassaient des carcasses d’animaux morts.

Symbole et témoin d’un riche passé, détenteur de vieux secrets, le château du puissant Romée de Villeneuve veille sur nos bois de son mamelon du hameau des Gaudes, depuis des temps immémoriaux. Quelques mystères, ainsi qu’une très ancienne histoire sont cachées dans notre paysage familier. Notre quartier n’est pas un lotissement anonyme.

Et son histoire continue aujourd'hui de s'écrire…

Texte écrit avec la collaboration de Marie-Odile Ascher